Jean-François Bédu, coach individuel.
La semaine dernière, alors que j'étais de passage en Charente, mon amie Pascale m'avait réservé la surprise de m'emmener visiter un parc privé
totalement inconnu du grand public et quasiment abandonné, hors des sentiers touristiques.
Après une jolie promenade, au détour d'un sentier, je me suis retrouvé en face d'une petite rivière au bord de laquelle, ô merveille, se tenait un de mes arbres préférés, un figuier.
Et un figuier ... plein de fruits !
Je me suis arrêté, là, à une dizaine de mètres, sentant le parfum de son feuillage et admirant la quantité étonnante de figues qui n'attendaient qu'une main alerte pour les cueillir, en
l'occurence la mienne !
Coup de chance ou immense prévoyance du jardinier qui l'avait planté, le figuier se trouvait près d'un muret qui pouvait me servir de perchoir afin de ramasser assez haut les délicieuses.
Vous avez certainement remarqué que lorsque vous regardez un arbre fruitier en pleine production, il est rempli de fruits qui ont tous l'air plus savoureux les uns que les autres. L'envie d'en
ramasser devient alors irrépressible.
Aussitôt dit, aussitôt fait, vite, je grimpe sur le muret, plonge dans le feuillage et soudain ... plus rien.
Mais où sont donc les figues juteuses, sucrées, déjà mûres que je voyais pas centaines quand je suis arrivé au bord de l'eau ? Là, une à droite, puis une à gauche, petite et un peu dure ... Mais
toutes les autres ?
Les amis qui m'avaient emmené dans ce parc étaient encore en bas et eux, ils les voyaient, "mes" figues !
Très gentiment, Pascale se mit alors à me donner des indications pour que je les voie à mon tour et que je puisse les ramasser. Mieux, elle avait aussi trouvé une perche au sol non loin de là,
afin que mon bras ainsi allongé, puisse aller plus haut encore et avec plus de confort pour prélever les figues que je n'aurais pas pensé pouvoir cueillir.
Et depuis le sol, mon amie Pascale me guidait toujours de la voix et du geste, m'incitant à soulever une feuille pour voir derrière, à déplacer un rameau pour glisser ma perche plus précisément,
à tirer sur une branche pour approcher les fruits inaccessibles. Sans elle, je n'aurais jamais pu faire une belle cueillette. Je ne pouvais pas tout voir seul et décider quoi faire d'efficace,
manquant de recul et vision assez large. Grâce à elle j'ai même découvert plein d'autres branches garnies de figues sublimes que je n'avais même pas vues d'en bas !
Trop de branches, trop de rameaux, trop de feuilles étaient devant mes yeux, le parfum m'enivrait, le stress me gagnait et je n'aurais au mieux pu avoir que quelques fruits mal choisis au prix
d'un énervement certain et d'une frustration évidente par la suite. Surtout qu'en m'éloignant à mon tour, j'aurais alors revu ces figues qui m'auraient "bien nargué".
Le travail du coach :
Ici, c'est Pascale qui a fait un travail de coach.
Les feuilles, les rameaux et les branches du figuier étaient comme les obstacles divers qui se hissent devant les yeux en empêchant de voir au-delà. Les figues, ce sont les objectifs à
atteindre.
Que ce soit dans l'entreprise, à l'école, en famille, ou encore "à la maison", quand on a le nez sur les choses, on n'en voit souvent que les obstacles qu'ils représentent. Plus on se laisse
aveugler par le quotidien familier, plus les solutions à l'accomplissement de ses objectifs seront faibles et rares.
Le travail du coach, notamment dans cet exemple, c'est d'accompagner les individus en leur ouvrant les portes du possible, en leur indiquant les pistes, en leur éclairant la route, en leur
donnant des choix possibles pour réussir leurs objectifs.
Quand j'étais dans le figuier, Pascale m'a dit qu'il y avait des fruits derrière le rameau que j'avais devant les yeux, elle ne m'a pas dit ce que je devais faire du rameau. L'écarter était mon
choix, j'aurais pu le contourner, le couper, passer dessous, etc. J'aurais pu ne pas l'écouter ou lui dire que je préférais aller vers la droite que vers la gauche. Après tout, c'était bien moi
qui risquais de me casser la figure !
Son travail de coach, respectueux de mes décisions finales, a été de me donner des indications, des pistes possibles, pour que je trouve "mes" figues tant souhaitées, que j'atteigne mon objectif
d'en ramasser une belle récolte.
Elle avait avec ce figuier une distance que je n'avais pas, un angle de vue qui me manquait.
Elle m'a offert le choix entre plusieurs bonnes solutions pour ma cueillette et elle a facilité ma vie à ce moment-là. Elle m'a aussi enseigné que pour ma prochaine récolte du même genre,
j'aurais bien besoin d'une tierce personne afin de guider mon bras, une ressource à laquelle je n'avais pas pensé avant.
Ce jour-là, ayant toujours eu le choix de suivre le chemin que ma coach Pascale me proposait et sachant que c'était une bonne route, ma vie a été plus simple, m'a apporté plus de plaisir et
énormément de facilités supplémentaires. J'étais donc certain alors de prendre les bonnes décisions pour réussir.
Post-Scriptum : Oui, elles étaient bonnes, ces figues ! ;-)
Bonjour,
Tu as visiblement des talents que tu ne soupçonnais pas !
Bonjour,
Je découvre avec beaucoup de plaisir cet article extrêmement sympathique, mais beaucoup trop élogieux pour moi. Donc je suis un peu comme monsieur Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir, j'ai fait brièvement le coach sans m'en rendre compte !
Merci Jean-François pour ce récit, mais vraiment, je n'en mérite pas tant, c'est juste que j'adore les figues moi aussi !