L’Agence européenne de santé et de la sécurité au travail recueille, depuis une quinzaine d’années, et à travers l’Union européenne, des informations sur «
l’hyperstress associé à une morbi-mortalité tant somatique que psychosociale » ou, en six mots brefs : stress sur le lieu de travail.
Résultat : un salarié européen sur cinq s’en plaint. Le Dr Patrick Légeron (cabinet Stimulus) note que la plupart des victimes œuvrent dans le secteur tertiaire,
et que les femmes y sont plus exposées que les hommes.
Dans le pire des cas ce stress se solde par un suicide, mais cette tragédie reste « la partie émergée de l’iceberg », son versant le plus spectaculaire. Sous le niveau de flottaison : le « sur-risque » cardiovasculaire, les pathologies musculo-squelettiques et les troubles anxio-dépressifs. Ce stress procède en trois étapes : le stress normal, le stress chronique (« préoccupation pré-morbide ») et le stress pathologique (morbide). Jusqu’à la seconde étape, le dépistage est utile, et la médecine du travail autant que la médecine de ville devraient s’enquérir du moral des patients sur leur lieu de travail, comme on mesure la pression artérielle. La prescription devient indispensable lorsque le patient franchit la troisième étape et « entre dans la pathologie ». Les anxiolytiques et antidépresseurs, fortement déconseillés jusque là, peuvent alors être recommandés pour tempérer le « burn-out », voire les pulsions suicidaires.
(© Panorama du Médecin, p22-24, Pascal Solère, 25/05/2009)
Le magazine originel explique l'orientation médicale de l'article. Toutefois, les conséquences du stress au travail sont catastrophiques dans bien d'autres domaines.
Tout le monde a entendu parler d'entreprises qui utilisent le stress comme outil de management, qui ont même embauché des
"spécialistes" pour cela et dont parfois les résultats ont explosé.
Explosé juste avant certains de leurs salariés qui ont reçu une dose bien supérieure à celle qu'ils pouvaient supporter. En silence, pour ne pas perdre leur emploi, préférant alors dans certains cas extrêmes perdre leur vie. Ne peut-on pas alors considérer qu'il y a "comme un léger abus" ? Comment peut-on justifier d'avoir cédé ainsi au chantage à l'emploi ? Comment expliquer son choix ? Etait-ce un choix ? Pour quelles raisons a-t-on subi sans réagir ? Hors de l'entreprise, qui était au courant ? Dans l'entreprise, sur qui pouvait-on compter ? Les responsables (sont-ils coupables ?) ont-ils été découverts et que leur est-il arrivé ? Les divers représentants du personnel étaient-ils au courant ?
Il vaut souvent mieux prévenir que guérir, si vous me permettez de rester dans le champ lexical de la médecine.
Dans les deux cas, la solution se situe clairement dans le domaine de compétence d'un coach, qu'il soit mandaté par
l'entreprise elle-même, le Comité d'Entreprise, le Comité d'Hygiène et de Sécurité, un Délégué Syndical ou bien évidemment, par le salarié en personne.
